L’ENTREBÂILLEMENT D'UNE PORTE

DANS L’ENTREBÂILLEMENT D’UNE PORTE:

Journée d’été, chaleur de plomb
Je dois aller travailler
Toujours pressé, jamais lassé
Je suis le fou sur l’échiquier.

Mais entre deux coups de fils
Et mes 400 pas dans le couloir
Je lève mon regard de tout ce noir
Il se fixe sur ton corps avec espoir.

Tu es là devant moi, dans l’entrebâillement d’une porte
Je ne sais pas ce que tu y fais, mais rien ne bouge en toi
Je n’ose plus m’affairer quand mon être devient émoi
Pas même élever la voix.

Dans tes cheveux, la brise se fait sentir
Ils volent pour ne plus se poser
J’ai chaud et je n’arrive plus à doser
La lourdeur de mon costume imposée.

Je crois que tu ne m’as pas entendu
Mais au fond de moi, j’espère que tu as senti mon désir
Me prendre à ton jeu, te délivrer de ton plaisir
Dans nos séparations, apprendre à nous découvrir.

Dans ce soleil au firmament d’une saison
Ta silhouette se dévoile toujours plus en éclat
Tu ne portes pas grand-chose, tu joues au chat
Qui cherche des caresses, recentrer nos ébats.

Plus aucun bruit dans la maison
Il n’y a plus que l’eau de la rivière qui nous effleure
Celle qui nourrit tes fleurs
À ce moment-là, je sais que Vénus déjà pleure.

Un geste de ta part, et tout s’accélère
Tu as su tout retirer dans une subtile grâce
Doucement, je m’avance, sans faire de trace
Tu as senti grandir ma carapace.

Et quand enfin je te rejoins
Sans un mot, en laissant faire nos corps
Tu te laisses faire sans remords
Et je me glisse en toi sans effort.

Avec pour seul complice
Ce mur qui nous soulève
Je n’aurais qu’un geste dans nos rêves
Nous enfermer dans la sève
Pour qu’ils ne partent pas dans l’entrebâillement d’une porte.

Tous droits réservés: Caroline Becker/Hugues Facorat Edition
'' Au nom de l'Amour '' recueil paru le 18 décembre 2015.

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Date de dernière mise à jour : 27/12/2016